Il s'approche trop il s'éloigne trop.
Je regarde les mots sur ses lèvres. Sa bouche
remue lentement. Plus lentement. On n'entend
rien. On voit son contour changer comme dans
un miroir d'eau. Qui tremble. Sa bouche remue.
Il avance dans la voix. Ce sont des paroles qui
s'ouvrent sur ses lèvres. Gouffre. Le cercle pâle
se ferme encore.
Ses mots se font toujours plus rares, ils ne
Au moment où j’avais surgi
Sur la voie absolue, par le temps tracée
Je croyais marcher à l'infini
Sur la redoute révolue de l’empyrée
Vers la route de l’échelle je m’élevais
Pour agrandir l’énigme du monde clair
Et je m’émerveillais de vivre les degrés
De l’aventure sacrée de la lumière
Mes feux brillaient dans le ciel sans tarir
Et je me voyais un roi de la jeunesse
Mais j’ai compris que l’on naît pour mourir
Que vers la mort on s’achemine sans cesse
l’hippogriffe regardait l’oasis cachée parmi les dunes
comme un dernier acacia qui se dévoile lentement dans la nuit
et il sentit jusque dans les plus petits recoins du temps
le silence du désert agrandissant
sous l’ œil implacable de l’éternité
l’océan du sable au repos
les véritables exilés moururent de fatigue
sauf le sphinx qui exhala, avide, le souffle du désert
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